Visez toujours la lune. Même si vous la manquez, vous atterrirez parmi les étoiles.

Mes petites choses, de fille, d'exploratrice de la vie...

28 juillet 2008

Lui, elle, eux.

Image_1

Je suis en colère. Pour être plus précise, c'est une tristesse que je ne parviens pas à exprimer autrement que par de la colère. Je devais me réjouir d'aller les accueillir à l'aéroport, de les ramener chez eux, de passer la soirée avec eux. Mais non. Ca commence par un mensonge "ton papy est très pressé d'aller à la toilette, on revient vite". 20 (!) minutes plus tard, les revoilà. *haut-le-coeur* Je dis : "Mais ça pue le vomi, il a vomi? ". Ma grand-mère : "Oui, un peu, tu sais, l'avion ne lui réussit pas, on a été nettoyer tout ça". (mais putain, pourquoi me mentir !!!)
Toute sa vie est jonchée de mensonges, de "pieux" mensonges comme les nomme maman qui en a beaucoup souffert. Elle ne se rend pas compte du mal que a pu provoquer, elle pense, je crois, protéger ses proches en quelque sorte. Comme elle lui a allégrement menti pendant des années au sujet de ma maladie ! Attention, surtout ne pas lui dire, il pourrait retomber en dépression... Parce que papy, il vit dans son monde. Dans son monde, y a mamy et sans mamy, il n'est rien. C'est un bébé, incapable de faire quoi que ce soit par lui-même. Mamy est à son service, pourquoi changerait-il donc? Si son petit monde venait à changer, dieu sait ce qu'il adviendrait de lui !
Moi qui rêvait d'avoir un papy qui, comme beaucoup de papys, me racontrait ses histoires d'antan, m'emmènerait dans des endroits qu'il aime, etc. Mais c'est impossible. Papy est un bébé, une poupée. Il ne fait rien tout seul. Et cet état de fait fait que son état physique et de dépendance vis-à-vis de mamy empire de jour en jour, à chaque fois que je les revois. Ca me rend malade.
Et aller contre lui, ça ne va pas non plus, parce que depuis qu'il est avec ma mamy, il a tout ce qu'il veut, tout ce qu'il ne pouvait avoir avant. J'ai essayé une fois, d'aller contre lui *tu bois trop papy*, de lui ôter de la main la bouteille de vin dont il essayait vainement, comme hypnotisé par son objectif, avec maints tremblements quitte à tout renverser, de se servir un verre. Je l'ai jamais vu aussi enragé, ces ongles plantés dans mon bras. Enragé, Caprice. *va te faire voir, tu n'es pas mon papy*
Et pourtant, je ne devrais pas lui en vouloir. Comment en vouloir à quelqu'un qui a grandi à la place d'un autre sans être son pareil? Et qui du coup a jalonné les hopitaux psychiatriques depuis sa plus tendre enfance ! Et qui a été drogué d'antidépresseurs durant presque toute sa vie ! Et qui s'est fait régulièrement agresser par ses élèves malgré qu'il ait été un excellent prof de latin-grec mais, bien entendu sans aucune autorité, d'autant plus dans une école à majorité d'étrangers en difficulté !
Je suis en colère.
Je suis en colère car il monopolise ma grand-mère, encore très valide elle. Car son invalidité va forcément déteindre sur elle. Qu'il m'empêche de vivre les moments qu'il me reste à vivre avec elle tant qu'elle en est capable. Car, lui sans elle n'entre pas dans sa sphère des possibilités, il n'accepetera jamais d'être placé. Non, il ne le comprendra pas, il n'imagine même pas la possibilité qu'on puisse lui faire entendre ça. Peut-être même en mourrait-il. Et mamy, malgré son éternel sourire, dépérira. Et laissera derrière elle, un fils coincé qui n'aura pas donné d'enfant à sa femme (finalement, c'est peut-être mieux ainsi, sauf pour ma tante qui s'en mordra les doigts à vie de n'avoir su tenir tête à mon oncl) et une fille, ma mère, blessée et qui reportera sa blessure sur sa propre fille. Point positif de l'histoire, c'est à ma génération que l'histoire s'achève pour donner naissance à une autre. je suis un hybride un peu bizarre (je n'ai pas parlé des parents de mon père...), mais je commence à vivre avec. Et même à vivre avec les autres. Doucement, mais sûrement, et j'en suis fière. Oui, fière.

*l'impression d'avoir lâché un valise de 3 tonnes là*

Le tout sur un air de .

Laissé par LyliP.à 00:37 - Souffles [2]

Souffles

    Parfois ça fait du bien de lâcher ses valises. Tu as raison de le faire et trop souvent on a du mal à le faire.

    Je comprends tout à faire ton sentiment de vouloir pouvoir profiter de tes grands-parents tout en n'y arrivant pas. Perso un de mes grand-père est décédé l'année de ma naissance, l'autre quand j'avais 6 ans. Et j'ai beau savoir que c'était des gens bien, savoir qu'ils ont fait des choses importantes dans leur vie ... j'arrive pas à avoir un sentiment de compassion vis à vis d'eux car je me suis toujours positionné par rapport à eux comme un descendant et pas comme un petit fils. Je n'avais jamais pu créer de liens avec eux et je trouve ça dommage... mais ainsi va la vie. Je n'ai que connu une de mes grand-mère et la première fois que je l'ai vu quand elle a commencé à avoir alzeimer et qu'elle ne m'a plus reconnue ça m'a fait comme un choc. Même elle n'est plus là aujourd'hui ... et ça me fait prendre conscience que maintenant il faut faire gaffe à mes parents car c'est eux qui commencent à avoir besoin d'être entourés.

    Mais comment remercier ces parents lorsqu'il y a toujours des tensions qui subsistent. Des tensions inévitables dûe au rapport "parent-enfant". Il y a des jours où ils m'énervent, ou je veux plus les voir ... Je pète un cable et je leur en veux. Et puis après ça se calme et on se revoit, se reparle et ça va mieux. Ils sont importants pour moi et s'ils n'étaient plus là je ne sais pas ce que je ferais.

    Désolé de te raconter un peu ma vie, ... mais c'est pour te dire qu'on passe tous dans des situations de frustration ! C'est dur pour tout le monde, aussi pour eux surement. Courage à toi pour surmonter ces moments de colère [chance] Et à continuer à les aimer malgré ces moments durs.

    Il y a une expression africaine qui dit : "Un grand parent qui décède c'est une bibliothèque qui brûle". Alors avant que l'inéluctable arrive, il faut profiter d'eux et les soigner.

    Soufflé par Greg, 28 juillet 2008 à 21:02
  • Je n'arrivais, n'arrive pas à trouver les mots, mais oui ça me parle...
    Je n'ai pu m'empêcher de lire le commentaire de Greg et l'expression africaine qu'il a utilisé m'a laissé pensive entre émerveillement et douleur certainement.
    Je vais retenir ça "un grand-parent qui décède c'est une bibliothèque qui brûle".

    Les blessures qui se transmettent en silence, je connais bien ça...

    Ce que tu réussis à faire est déjà formidable, continue

    Soufflé par Une Princesse..., 29 juillet 2008 à 10:25

Laisser un souffle